Créé en 1948 en Suisse allemande, le Syndicat des acteurs ne verra le jour qu’en 1957, soit 9 ans plus tard, en Suisse romande, sous l’appellation SSRS.

Regroupant principalement des acteurs renommés du bassin lémanique, il reste néanmoins très éloigné de son grand frère, le SBKV (Schweizerische Bühnenkunstlerverband), créé dans cette même décennie et qui regroupe tous les artistes travaillant dans les théâtres de Suisse allemande.

Cette absence de contact s’explique par les différences fondamentales entre les modes de travail pratiqués dans ces deux régions linguistiques. Les comédiens alémaniques sont le plus souvent salariés à l’année au sein d’une troupe, alors que les romands ont des employeurs multiples sur de courtes périodes, et qu’on les assimile – à tort – à des indépendants.

A la fin des années 70, les comédiens romands syndiqués s’engagent dans un mouvement de lutte qui aboutira à une grève, contre l’avis de la maison-mère, ce qui provoque une crise qui amène, finalement, le SSP à prendre en compte les particularités du milieu théâtral romand.

Malgré tout, les membres du syndicat, au début des années 80, continuent à douter de son efficacité et décident, en partie, de démissionner. Suivra une période de léthargie, le nombre de syndiqués tombe à moins de cent.

Une équipe décide de se remettre au travail et en 1984 un nouveau comité est élu par une assemblée générale. Sous son impulsion, une convention collective de travail est signée avec L’Union des Théâtres Romands qui regroupe la quasi-totalité des théâtres subventionnés.

En 1993, Le Journal est créé. En 1995, deux programmes dits d’occupation voient le jour : Galilée et 6KV. Ces deux structures permettent aux intermittents du spectacle de travailler pendant les périodes de chômage et créent ainsi une nouvelle dynamique dans cette profession de plus en plus sinistrée.

En 1998, une nouvelle loi sur l’assurance-chômage entre en vigueur. Elle se révèle catastrophique parce que totalement inadaptée aux métiers du spectacle. En association avec Action Intermittents, le SSRS décide de lutter contre les effets pervers de cette loi de manière prioritaire.

Lors de l’assemblée générale de juin 2003, le SSRS a décidé d’accéder à son autonomie dès le 1er janvier 2004, en devenant LA PERMANENCE – Syndicat Suisse Romand du Spectacle – SSRS. A ce jour, le SSRS compte quelques 400 membres, soit près de 60 % des intermittents du spectacle, ce qui en fait leur principal porte-parole.